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La région des Gorges de l'Ardèche est visitée par l'homme depuis le paléolithique moyen, il y a 300 000 ans, quelques campements attestant la présence ancienne de chasseurs. L'essor de l'homme de Neandertal, il y a 100 000 ans, est montré par l'évolution de l'outillage et la taille plus précise du silex.
L'apparition de l'homme moderne, dit de Cro-Magnon, marque le début de grandes civilisations tournées autour de la chasse et de la cueillette. Le climat est alors rigoureux, très froid, et les gorges bénéficient d'un microclimat favorable aux hommes qui y installent lieux de vie et sanctuaires. Les nombreux sites archéologiques (plus de 250) et grottes ornées, dont la grotte Chauvet (-32 000 ans), constituent autant de témoins d'une occupation ancienne et d'un art pariétal riche.
Le climat se réchauffant peu à peu (-11 000 ans), les espaces naturels changent et deviennent de plus en plus boisés. Les grands troupeaux régressent et l'homme doit s'adapter à un nouveau gibier : il chasse désormais les cerfs, sangliers, lapins et les derniers aurochs et bouquetins. Le chien est domestiqué et les graminées sont cueillies de manière sélective.
Au néolithique (-6 000 ans), l'agriculture et l'élevage prennent leur essor, ainsi que la métallurgie. Les grottes utilisées en bergeries ou en habitats durables, les dolmens et les cavités exiguës pour les tombes sont autant de témoins d'une occupation intense. A la fin de cette période (-1 000 ans), des mouvements de populations confirment l'importance de l'Ardèche comme voie de communication, à proximité de la vallée du Rhône et de Marseille.
L'histoire actuelle des gorges est marquée par l'alternance de périodes calmes et économiquement actives (époque romaine, début du Christianisme et surtout le XIXème siècle) et des périodes plus troubles pendant lesquelles les gorges ont servi de refuge, tandis que les paysans des plateaux vivaient chichement (invasion du Moyen-Âge, croisades, guerre de 100 ans, épidémie puis guerres de religion). Le XIXème siècle est considéré comme le "siècle d'or"de l'Ardèche : réaménagement des terrasses et nouvelles cultures (pommes, vigne, mûrier), élevage du vers à soie et celui, extensif, du mouton, charbonnage. Mais la deuxième moitié du XIXème marque le début de l'exode rural, la déprise agricole et l'abandon des terres, retournant à leur état premier de landes et forêts. Certaines cavités servirent de nouveau de cachette pour les résistants lors de la seconde guerre mondiale. Dès la fin des années 1950, le renouveau agricole, l'amélioration du réseau routier et la qualité de vie attirent la population et les Gorges de l'Ardèche deviennent une destination appréciée.
Pourtant, le patrimoine ancestral, longtemps protégé par sa difficulté d'accès, nécessite d'être surveillé et préservé des pillages, des fouilles anarchiques et des dégradations par méconnaissance et oubli.
 
Borie et Bergerie
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